Le berceau familial : Cossé

Document mis en ligne par la mairie de Cossé sur son site municipal - Auteur : M. Doreau

Avant-propos

« Je ne connais dans la paroisse de Cossé-le-Vivien aucun vestige de monuments gaulois. L’histoire de notre pays avant l’établissement du christianisme n’a laissé aucune mémoire, aucun souvenir. Était-il peuplé alors, était-il couvert de forêts comme une partie de la Gaule ? On l’ignore »
Cette interrogation est celle du curé François Davost lorsqu’il écrit l’histoire de sa paroisse entre 1840 et 1843. Questions sans réponses alors.
Mais l’histoire est une science en devenir. Rien n’est figé, beaucoup reste à découvrir.
On sait, grâce à de nombreux historiens et chercheurs du XXe siècle, que des réponses peuvent être apportées aujourd’hui à ces questions que le pasteur se posait il y a un peu plus de 150 ans.

LE NEOLITHIQUE

Un agriculteur, intéressé par l’histoire, M. Leroyer, a eu, en 1932, le bon réflexe de ramasser, après un labour, une pierre qui l’intriguait, c’était une hache polie et voilà que s’ouvrait un champ d’investigation sur le temps de la préhistoire. Des hommes avaient foulé, au Fougeray, notre terre, à la fin du Néolithique, soit 3 à 4000 ans avant notre ère.

LA PÉRIODE GAULOISE ET GALLO-ROMAINE

La fin de l’Age du Fer (2ème et 1er siècle avant J.C.)
Il y eut, dans les années 1980, le travail complémentaire de J.C. Meuret et de Gilles Leroux pour que le voile se lève sur la période gauloise. On croyait notre terre couverte de forêts et vide. Voilà que l’on apprend la présence de nombreux enclos gaulois, témoins d’une vie et d’une activité importante, sur notre commune.

1ER ET 2° SIÈCLES APRÈS J. C.

En 2004, des fouilles importantes sont entreprises sur le site de Guinefolle, elles nous révèlent la présence d’un mobilier céramique réparti au sein d’un système d’enclos et de fossés montrant qu’en ce lieu, du début du 1er siècle jusqu’à la fin du 2ème siècle, une communauté humaine s’y était organisée. On y a même mis au grand jour, un bâtiment maçonné, de plan carré « remarquablement édifié en suivant tous les préceptes de la technique romaine de construction »
(Après la fouille, ce bâtiment a été recomblé mais conservé dans un espace public. Il demeure ainsi protégé et fait partie de notre patrimoine caché.)

IV° ET V° SIÈCLES

Origine du Bourg
De nombreux historiens pensent que Bapaume constitue le bourg primitif de Cossé-le-Vivien. On peut penser qu’une première communauté se constitua au commencement de la christianisation, . Le curé Davost écrit que c’est à Bapaume que : « selon toute apparence fut construite la première église consacrée par Saint-Pavace, lui-même. »

LE HAUT MOYEN AGE - L’ÉPOQUE MÉROVINGIENNE V°-VIII° SIÈCLE

On découvrit à la fin du XIX° siècle quatre cercueils en calcaire coquillé dans un jardin contigu à la rue de l’Eglise. Ce type de cercueil est caractéristique de l’époque mérovingienne. Y avait-il là, à cette époque, un cimetière évoquant la proximité d’un habitat important ? Auquel cas, on serait tenté que le noyau structurel du bourg était déjà constitué au sommet de la colline ?
Établissement de la paroisse : Même si une communauté chrétienne s’est probablement constituée au V° siècle, ce n’est qu’au IX° siècle que l’on trouve trace, dans les textes officiels, de la constitution de notre paroisse de Cossé. « La paroisse de Cossé était constituée au IX° siècle puisque les « Actus » (actes des évêques du Mans) indiquent les redevances dont elle était chargée envers l’Église du Mans »

LE MOYEN AGE ET LES TEMPS MODERNES - XE AU XVIIIE SIÈCLE

Les Seigneurs de Cossé

  • A PARTIR DE L’AN 1100 : LES VIVIEN DE COSSE
    L’abbé Angot, M. Bertrand de Broussillon et quelques autres chercheurs contemporains nous font connaître que l’un des premiers seigneurs de Cossé porta le nom de Vivien et que c’est à eux que nous devons le second nom de notre ville. Cette lignée est mentionnée de 1060 à 1245.
    En 1110, un acte stipule que « Vivien de Cossé… donna au couvent Saint-Martin de Tours la chapelle Saint Étienne d’Origné, en Houssay, la moitié du moulin de Cé, sur la Mayenne… »
  • APRÈS LE XIIIE SIÈCLE
    « Cossé était divisé en deux cantons, celui du bourg qui relevait de la châtellenie de Montjean, elle-même dépendante de la baronnie de Laval et celui du « Ressort » qui était en litige et serait passé à plusieurs familles : aux d’Antenaises, aux Chamaillard, aux Chorchin, aux Quatrebarbes, aux La Tour Landry et aux Terchant.
  • A LA FIN DU XIVE SIÈCLE ET AU DÉBUT DU XVE SIECLE, IL Y EUT LITIGE SUR LA PROPRIÉTÉ DU BOURG :
    « En 1384, l’aveu pour la seigneurie de Cossé en est rendu au seigneur de Montjean, et en 1407, les successeurs de celui-ci se prétendent à la fois suzerains et propriétaires. Puis, d’un autre côté, Christophe de La Tour, en Anjou, protesta que ses ancêtres, seigneurs de la Motte-Sorcin, étaient fondateurs du prieuré et de l’église et qu’il avait droit à y mettre « ses armes en litre ».
    A la fin du XVIIIe siècle, le seigneur de Terchant proteste contre la démolition d’un poteau à ses armes, à Cossé.

Les Mottes

Les premières mottes sont les mottes castrales, ce sont les plus grosses. Elles ont un diamètre supérieur à 50-60 mètres à leur base et remontent souvent au XIe siècle. Les secondes mottes étaient beaucoup plus petites. La motte avait au départ une fonction militaire de défense puis elle devint résidentielle et ne conserva, à la fin, qu’un rôle symbolique. C’est là que le seigneur exerçait la justice.
A compter du XIIIe siècle, la motte fut abandonnée en tant que résidence. A Cossé-le-Vivien, il n’existe pas de motte castrale. Il en existe cependant une tout près, à la Motte-Sorcin, à La Chapelle- Craonnaise.
Par contre, il reste trace de nombreuses mottes de la seconde génération : Clochet, le Petit-Vilamy, la Grande-Cantière. Elles sont citées dans le Dictionnaire de l’abbé Angot.
Le plan cadastral ou sur la matrice cadastrale de 1817, un certain nombre d’indices visuels ou toponymiques nous laissent à penser qu’il y ait pu y avoir des mottes à : la Petite-Playère, la Grande-Playère, Chervier, la Cour de la Hard, l’Epinay, la Motte et les Alleux.

Les Châteaux

  • LE « CHÂTEAU » OU « MAISON FORTE » DE COSSE

De Bodard et Le Blanc de la Vignolle citent Cossé comme étant une châtellenie de la baronnerie de Laval.
« Une châtellenie était une terre seigneuriale composée d’un château, avec domaine, propriété personnelle du châtelain et d’une mouvance féodale, composée de terres environnantes occupées par des vassaux. »
S’il existait un « château » à Cossé, il devait être en bois, la pierre ne fut guère utilisée avant le XIIe siècle
Ce n’est que par la suite que ce « châtelier » a pu devenir sinon un château, du moins une maison forte construite en pierre, comme celle que nous pouvons voir près du jardin public, rue de la République. En tout cas, son aspect est suffisamment édifiant pour qu’on puisse l’affirmer.
Son emplacement présentait un intérêt stratégique évident. Il était situé à proximité d’un gué et au croisement de plusieurs voies de communication : le chemin « gravelais » et une autre qui rejoignait le gué d’ Entrammes. Il marquait aussi l’entrée du bourg qui s’implantait, au sud, sur le flanc de la colline.

Son appartenance, dit-on, à la famille de la Trémoille au XVIIIe siècle attesterait son statut de maison seigneuriale. Par ailleurs, au-delà de ses nombreux et intéressants détails architecturaux, il convient de préciser ceux qui caractérisent son rôle défensif et militaire. On peut citer l’épaisseur des murs, une bouche à feu, au-dessus de la porte d’entrée, et sur l’arrière, une tourelle comportant une autre bouche à feu et percée d’étroites fenêtres. A noter enfin, sur la façade, une pierre en tuffeau qui indique la date de 1571. Il semble que cette date corresponde à une restauration ou construction ou reconstruction de cette partie de la demeure

  • LE CHÂTEAU DES ALLEUX
    Les Alleux étaient une seigneurie fort ancienne. La 198ème charte de La Roë (XIIe siècle) fait mention de Vivien des Alleux.
    Si l’on connaît les familles qui se succédèrent dans la possession de la propriété des Alleux, aucun document ne nous permet de situer, même approximativement, la date de construction du premier château. La seule date que l’on retrouve est celle de 1746 gravée au fronton de l’entrée principale. Il ne s’agit pas de la première construction puisque dans un inventaire fait aux Alleux, en 1694, il est fait allusion à une maison de campagne bien dotée en mobilier, notamment en argent et même en or, ce qui était fort rare à l’époque. On est tenté d’en conclure que la maison, à cette époque, devait déjà avoir un certain caractère.
    Six familles sont mentionnées comme propriétaires des Alleux : la famille des Alleux, de 1150 à la fin du XIVe siècle, la famille du Layeul, du XVe au XVIe, la famille de la Dinaie, à la fin du XVIe, la famille de la Corbière, du XVIIe au milieu du XVIIIe, la famille du Hardas à la fin du XVIIIe et la famille de Vauguyon, au XIXe. Le château des Alleux fut longtemps enserré, de tous côtés, par l’ Oudon. La comparaison du plan cadastral de 1817 avec l’état actuel de la propriété bâtie nous montre qu’un corps de logis important a été démoli. Il est possible que les gravats aient pu servir au comblement du bras de l’ Oudon qui contournait la demeure par le sud.
    Pendant la Révolution, ce château fut souvent visité par les Républicains et les Royalistes.
    Il accueillit de 1873 à 1880 une communauté de Jésuites italiens chassés de leur pays. On prétend que ce sont eux qui ont procédé aux travaux de démolition évoqués au paragraphe précédent, sans doute pour rendre les lieux plus salubres
  • ABBAYE – PRIEURE

Y eut-il une abbaye à Cossé ? Le curé Davost est assez affirmatif :
« Je ne pourrais préciser l’époque de cette fondation mais le fait est incontestable ; les anciens bâtiments et dépendances qui subsistent encore portent, même aujourd’hui, le nom d’abbaye »
Le fait que, sans doute au XIIe siècle, elle ait été réunie à l’abbaye bénédictine de Saint-Florent de Saumur qui en toucha alors les revenus plaide en ce sens. Il est possible, selon l’abbé Perrin, que cette abbaye ait été soutenue à l’origine par celle de la Couture du Mans.
Le grand bâtiment qui verrouille la place au nord et l’alignement des bâtiments au sud encadrant l’église s’apparentent quelque peu aux lignes architecturales d’une abbaye bien que leur implantation ne corresponde pas au plan habituel des monastères : dortoir à l’est et réfectoire au midi.

Notons aussi que sur le plan cadastral de 1817 on remarque la présence d’une limite qui isole du bourg la principale bâtisse de l’éventuelle abbaye évoquant la trace révolue d’une ancienne clôture. Enfin, toujours pour aller dans le même sens, les textes nous disent qu’il y avait, sur le côté nord, un escalier double surmonté d’un chapiteau, l’un à l’ouest probablement dévolu aux religieux et l’autre, à l’est, aux paroissiens.
En tout cas, l’existence d’un prieuré lié à l’abbaye de Saumur ne fait aucun doute. Pour autant les prieurs désignés par comme titulaires du siège de Cossé y résidèrent rarement. Dom Piolin dit à ce sujet que « Jean de Quatrebarbes (1384), seigneur de la Rongère, fonda le prieuré de Cossé-le-Vivien pour trois moines de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur. »
La grande bâtisse dont nous venons de parler fut appelée « maison priorale ». Elle fut louée à André Thoreau de la Touchardière qui l’occupait en 1756 et fut vendue comme bien de la nation le 1er février 1791 à Pierre Louis Thoreau de la Touchardière.

Églises anciennes

  • PREMIÈRE ÉGLISE A BAPAUME
    On sait que Bapaume fut le bourg primitif. Une première communauté chrétienne s’y forma, sans doute vers la fin du IV° ou début du Vé siècle. Si une église fut construite, elle le fut en bois et torchis. Il n’en reste aucune trace.
    On peut penser que la première église en pierre n’ait été construite, comme c’était le cas en de nombreux endroits, qu’à partir du XIe ou XIIe siècle. Y en eut-il plusieurs qui se succédèrent au même endroit, n’y en eut-il qu’une, remaniée, agrandie ou même diminuée, selon les besoins du moment ? Nul ne le sait. Par contre, il est intéressant, une nouvelle fois, de lire le curé Davost qui écrivait au début des années 1840 :
    « Une partie de l’ancienne église subsistait encore il y a 7 ou 8 ans, je l’ai vu détruire. Elle n’avait rien de remarquable… si ce n’est son titre d’ancienne église. Jusqu’à la Révolution, elle avait été conservée comme chapelle ; il paraît que c’était le chœur de l’ancienne église ou une chapelle principale… et ne remontait pas plus que la fin du XVIe ou le commencement du XVIIe siècle. »
    Cette chapelle porta le nom de Saint Julien. On peut penser que bien longtemps avant la Révolution, cette ancienne église avait vu l’affluence dominicale diminuer au profit de l’église construite, plus au sud, à proximité du bourg qui grossissait sur le flanc de la colline.
  • L’ÉGLISE ANCIENNE, PLACE DU MARCHE
    Reprenons notre chronique paroissiale :
    « IL fut convenu que l’église de la communauté qui était plus grande que celle de Bapaume, autrefois paroissiale, servirait désormais pour l’office de la paroisse…Depuis longtemps déjà, il s’était formé autour de cette église, une agglomération de maisons beaucoup plus considérable que le bourg primitif…L’église actuelle n’est pas d’une haute antiquité : il paraît qu’elle fut rebâtie ou considérablement réparée dans le XVIe siècle. Le pignon et le côté nord qui sont voisins de l’abbaye paraissent appartenir à cette époque… » L’impérieuse nécessité de son agrandissement est avérée par un document. En 1500, les paroissiens avaient demandé à l’abbé de Saint-Florent de « l’accroître de X pieds ou environ sur la cour du prieuré, la tierce partie des paroissiens n’y pouvant entrer. »
    Pendant la Révolution, l’église fut fermée et même profanée. Elle servit de prison, de caserne et d’écurie. Son clocher fut utilisé comme tour d’observation, ce qui indisposa les Chouans qui tentèrent d’y mettre le feu. Le clocher à demi incendié et en très mauvais état fit l’objet de nombreuses palabres entre le curé de l’époque, M. Pieau et la fabrique. Chaque parti y allait de sa solution mais rien n’avançait. Le curé finit par avoir gain de cause. En 1819, un nouveau clocher fut reconstruit mais en raison d’un vice de construction, il y eut un éboulement partiel auquel il fallut remédier. Nouvelle perte de temps. Il fallut attendre 1822 pour arriver au bout du projet.
    Pour autant, cette église donna beaucoup de soucis aux responsables locaux, tant paroissiens que communaux. Visiblement elle était source de problèmes. Outre son état qui empirait d’année en année, elle empiétait largement sur une chaussée qui avait besoin d’aménagement et d’élargissement pour un trafic de circulation qui s’intensifiait.
    Ce n’est qu’en 1866 que le conseil municipal prit la décision d’en construire une nouvelle :
    « Le conseil reconnaît de plus en plus la nécessité d’une église neuve. La vieille … tombe en ruine de toutes parts… Cette vieille église et son hideux clocher se trouvent pour un tiers dans la grande voirie de la route impériale de Laval à Nantes… »
    Un rapport du curé de Cossé adressé à l’architecte le 14 janvier 1866 nous incite à donner quelques renseignements intéressants :
    « Elle est incontestablement trop petite pour la population. Elle n’a que 25,60 m de long sur 18,60 m de large, compris les bas-côtés, ce qui donne à peine 800 places tandis qu’il en faudrait 12 à 1400… »
    Sa destruction n’intervint qu’en 1874

Population et Vie économique

Aucun recensement sérieux ne peut nous donner une idée ni de l’évolution ni du nombre d’habitants sur cette longue période. Si l’on se base sur des estimations faites par différents historiens, on peut penser qu’elle devait se situer entre 3000 et 4000 habitants aux XVIIe et XVIIIe siècle
On peut dire que tout au long du Moyen Age jusqu’à la Révolution, la ressource principale venait de la culture du lin. On comptait dans la campagne près de 189 sites habités encore à la Révolution : 16 hameaux, 1 château, 6 moulins, 143 closeries et 23 métairies
On cultivait le lin dans les closeaux proches de la maison d’habitation. Femmes et enfants le filaient ensuite tout au long de l’année. Il était ensuite vendu aux marchands. On trouvait en campagne mais surtout au bourg quelques tisserands.

XIXE SIECLE

  • Déclin de la culture du lin et naissance de l’agriculture
    Avec l’utilisation de la chaux et la propagation d’idées nouvelles, les pratiques agricoles changent. On abandonne le lin parce qu’il ne rapporte plus et on cultive des céréales, blé, seigle, orge sur des terres qui, jusque-là, n’avaient pour ainsi dire jamais été cultivées. De même, peu à peu, avec l’élevage, des plantes fourragères apparaissent dans le paysage cosséen. De nombreuses closeries changent de statut et deviennent des métairies. Les propriétaires qui ont compris tout l’intérêt qu’ils pouvaient retirer de ces nouvelles pratiques se mettent à construire des bâtiments nouveaux : étables, écuries, granges, loges etc.
    Cette effervescence donne un essor aux métiers du bâtiment. On compte, à Cossé, au recensement de 1846, 12 menuisiers, 20 charpentiers et 59 maçons.
  • Construction de nouveaux bâtiments :
    L’hospice construit en 1832 et 1833 accueillit dès son ouverture 24 lits. Il abrita aussi une salle de classe pour les filles.
    La mairie actuelle fut édifiée entre 1842 et 1846. Elle servit en même temps d’école pour les garçons et de juge de paix.
    La nouvelle église commencée en 1868 fut consacrée en 1877
  • Création de nouvelles routes
    La Grande Route de Craon à Laval fut aménagée entre 1746 et 1756 avec en corollaire l’amélioration de la traversée de notre bourg jusque-là, si peu praticable par ses habitants et si redoutée par les voyageurs.
    La Grande Route de La Guerche à Cossé fut commencée dans les années qui précédèrent la Révolution mais ne fut terminée qu’au début du XIXe siècle.
    La route stratégique Cossé à Bais, réalisée peu avant 1840 permit de rejoindre facilement Quelaines et Château-Gontier.
    C’est entre 1848 et 1860 que fut réalisée la route de Ballots avec la construction d’un pont. Elle désenclavait du même coup une partie importante de la commune, appelée le Ressort, coupée jusque-là du bourg.
    Dans la seconde moitié du XIXe siècle, tout en respectant le linéaire ancien on améliora les routes de Loiron et de Montjean.
    Enfin, le chemin de Cossé à Château-Gontier qui passait par le Bois-Ragot et au nord de Cosmes, peu encore après la Révolution, fut dévié à partir de la Frênouse et amélioré pour desservir directement ce village mais aussi Simplé et Marigné-Peuton.
    Toutes ces routes jouèrent un rôle essentiel dans le développement de l’agriculture : commerce de bestiaux mais surtout transport de la chaux.
  • Ouverture d’une voie ferrée.
    La ligne de chemin de fer Laval-Pouancé fut ouverte le 2 décembre 1888. La gare était alors isolée et éloignée du bourg d’un kilomètre.
    Le trafic ferroviaire, marchandises et voyageurs, fut intense jusqu’au début de la Seconde Guerre mondiale.
    Peu à peu, l’activité baissa et, cette ligne ferma définitivement le 1er avril 1987. Elle est utilisée aujourd’hui comme sentier pluridisciplinaire : piétonnier, cycliste, cavalier.

XXE SIECLE

  • L’exode rural
    De 3440 habitants en 1846, la population était retombée à 2375 en 1931, soit une perte de plus de 1000 habitants en un siècle. La disparition de l’industrie textile d’une part, au XIXe siècle et l’utilisation de la machine, en agriculture, au XXe siècle, expliquent ce déclin de population.
  • Naissance et développement du tissu industriel
    L’industrialisation de Cossé s’est faite, dans notre commune, plus tard que dans beaucoup d’autres communes mayennaises.
    Les premières entreprises qui sont à l’origine de l’industrialisation de Cossé se sont implantées au début du XXe siècle : les Grands Moulins, en 1913, l’abattoir Chevalier, (commerce et abattage de volailles), l’atelier Joseph (mécanique agricole) devenue BRETAGRI, la distillerie Verniers devenue DIANA NATURALS.
    C’est surtout à partir des années 1970 que Cossé va connaître son essor industriel avec l’aménagement des zones de la Perrière et des Platanes qui vont voir l’implantation de nouvelles entreprises artisanales et industrielles.
    Parallèlement, le commerce et l’artisanat ont accompagné ce développement
  • Construction de nouveaux bâtiments et équipements
    1909 : kiosque a musique, place du champ de foire
    1921 : salle des fêtes, place du champ de foire.
    1966 : salle des sports du FCC, rue de la Libération
    1973 : gendarmerie, avenue Paul Bigeon.
    1974 : stade - vestiaires
    1975 : courts de tennis, rue de l’ Oriette.
    1976 : école maternelle publique, rue de l’ Oriette.
    1980 : école primaire publique, rue de l’ Oriette.
    1981 : centre de secours, rue de la Frênouse
    1983 : hôtel des postes, rue de la poste.
    1983 : complexe sportif, rue de l’ Oriette.
    1985 : salle de judo, rue de l’ Oriette.
    1986 : station de pompage des friches
    1987 : restaurant scolaire, rue de l’ Oriette.
    1992 : station de traitement des eaux usées, route de ballots.
    1990-2010 : jardin public (agrandissement et aménagements)
    1990-1995 : travaux d’embellissement du centre bourg.
    1997 : foyer de jeunes – salle de ping-pong, rue de ’ Oriette.
    2003 : restaurant municipal, près de l’école Sainte-Marie.
  • Le Musée Robert Tatin

25 juin 1962 : acquisition par robert et Élisabeth Tatin de l’immeuble cadastre g n° 69 comprenant un bâtiment et un terrain.
17 mars 1967 : acquisition de l’immeuble par l’association pour la défense des œuvres de Robert Tatin.
13 janvier 1968 : acquisition de l’immeuble et de 390 œuvres (tableaux, peintures et sculptures) par la commune sous forme de donation par l’association pour la défense des œuvres de robert tatin.
1er janvier 1969 : ouverture officielle du musée communal Robert Tatin après accomplissement des formalités réglementaires auprès du ministère des affaires culturelles.
1970-1995 : acquisitions foncières progressives par la commune pour agrandir le musée.
16 décembre 1983 : décès de Robert Tatin
1985-1986 : construction de la grande salle d’exposition.
1997-2000 : réalisation du projet aménagement des abords du musée : parking, accueil, salles de projection et d’expositions temporaires, sanitaires, environnement paysager respectant la faune et la flore.

QUELQUES MOMENTS HISTORIQUES SPECIFIQUES

LA RÉVOLUTION

Pendant la Révolution, la commune de Cossé-le-Vivien ne joua qu’un rôle bien secondaire. Les archives mayennaises nous apprennent qu’au mois d’octobre 1789, le bourg était livré à l’anarchie la plus complète et que les honnêtes citoyens étaient journellement menacés par les perturbateurs du repos public d’être attaqués dans leurs personnes et dans leurs biens.
Le rôle le plus important fut celui du curé de l’époque, Louis-Julien Létard qui prêta le serment constitutionnel. A ce sujet, Dom Piolin dans l’Histoire de l’Église du Mans, s’exprime ainsi : "Du moment où Louis-Julien Létard, curé de Cossé-le-Vivien, prêta le serment du haut de la chaire, son second vicaire, Pierre-Jacques Epinette, se tournant vers l’auditoire dit à haute voix : "Vous venez d’entendre le schisme s’établir ; que tous ceux qui sont attachés à l’église me suivent !", et il sortit aussitôt accompagné d’un grand nombre de fidèles. Ce vicaire dut promptement quitter le pays, il fut ensuite déporté et mourut en Italie.
Au moment de la fuite du Roi, la population indignée menaça les châteaux des environs et il fallut que l’administration demandât des troupes au gouvernement pour rétablir l’ordre. Ces troupes seront employées plus tard à protéger le pays contre les chouans qui, sous la conduite de Jambe d’Argent, causèrent d’affreux ravages.
L’abbé Létard qui fut nommé Président de l’administration municipale du canton de Cossé et Commissaire provisoire du Directoire exécutif près de ladite administration, le 17 brumaire an IV, a laissé de nombreuses lettres dans lesquelles il rend compte de son mandat à peu près jour par jour. La lecture de ces lettres nous apprend que depuis l’an II, le canton de Cossé-le-Vivien est livré à toutes les horreurs de la guerre civile et de la famine, et que les chouans sont la cause de tous les maux dont souffre le pays ; ces derniers, d’après lui, auraient pour principes d’organiser la famine afin, disaient-ils, de voir les patriotes se manger ensuite entre eux.
De nombreuses bandes de chouans parcouraient le pays sous la conduite de chefs peu connus, "que l’abbé Létard désigne sous les noms de Placenette, Brise-Bleu, Brise-Pont, Fleur d’épine, etc. Une de ces bandes fut organisée à Cossé par le jardinier du château des Alleux dont la propriétaire était la ci-devant marquise d’Hauteville. A la mort du jardinier Barbé, le capitaine de la bande fut un nommé Salé qui donna fort à faire aux bleus.
Les troubles devinrent si grands et les excès de part et d’autre si abominables que la commune de Cossé fut mise en état de siège le 28 pluviôse an IV. La tranquillité se rétablissant lentement, l’agriculture et le commerce avaient beaucoup à souffrir. Le calme ne revint qu’avec le Consulat et l’Empire.
Au moment des Cent Jours, une révolte royaliste en faveur de Louis XVIII amena environ quinze cents révoltés dans le bourg de Cossé-le-Vivien, qui avait été fortifié par les partisans de l’empereur. Après un sanglant combat, les royalistes durent se retirer.

COSSE PENDANT LA GUERRE 1940 – 1945

Camions allemands stationnés près de l’hôpital


Soldats allemands à Cossé

Archives de l’Église de France
"A Cossé-le-Vivien, au sud de Laval, Sœur Hilda Gaskell, irlandaise, supérieure de l’hospice, accueillit une famille juive de trois personnes qu’elle confia ensuite à la famille de Sœur Solange Delêtre, en Maine-et-Loire, pour la mettre en lieu sûr"

La libération le dimanche 6 aout 1944

Les drames de la libération :

La mort de 3 soldats américains (Route de Méral : à l’entrée du bourg de Cossé)

  • Le sergent Ralph Heck (Kansas) servait dans la 5° division blindée.
  • Le soldat de 2° classe Stanley Davis (Ohio), servait dans le 127° bataillon.
  • Le sous-lieutenant Michael Moran (Minnesota) de la 5° division blindée.

La mort de 5 soldats allemands (Route de Laval : vers la gare) - Deux ont pu être identifié :

  • Fritz Weber (21 ans) & Kurt Schülte (22 ans)
  • Les 3 autres non identifiés